Élie est déjà revenu, mais les gens ne l’ont pas reconnu.

Évangile selon saint Mathieu, chapitre 17, verset 12

Élie, dont le nom signifie « mon Dieu est le Seigneur », est un homme de feu. La seule chose que l’on sait de lui, c’est qu’il s’est levé « comme un feu ». Sa parole brûle comme une torche. Il n’est pas la lumière, mais la torche qui transmet la lumière. Il se consume pour que la parole qu’il annonce, et dont il porte le nom, « mon Dieu est le Seigneur », se propage à toutes les nations.
Comme plus tard Jean-Baptiste, Élie a reçu de l’Esprit de Dieu sa qualité de feu, et cet Esprit le pousse au désert, et plus loin que le désert, en terre étrangère, jusqu’à Sarepta. Là, il rencontrera une veuve, qui lui donnera le presque rien qu’elle avait pour vivre*.
De tout temps, l’Esprit de Dieu est la force qui fait partir celui qu’il meut, car Dieu veut engager la conversation avec les hommes.

De le savoir, cela brûle Élie aux entrailles. L’Esprit de Dieu n’est pas un courant d’air vaporeux, c’est en l’homme la puissance qui lui permet de devenir qui il est, « ce qui remet toute chose à sa place » **. C’est une puissance d’incarnation qui brûle ce qui est vain en celui qui l’accueille.
C’est un esprit de dépossession, et Élie l’apprendra dans sa chair, quand après avoir désespéré de longs jours au désert, il marchera vers la montagne de Dieu. Il découvrira que son Dieu n’était pas dans le feu, mais dans la voix d’un souffle ténu***, une voix de fin silence, une voix qui n’effraie pas, une voix si douce, qu’une jeune fille d’Israël, un jour de grand silence, lui offrira son corps pour en faire sa maison.

* Premier livre des Rois, chapitre 17, versets 7 à 24
** Évangile selon saint Mathieu, chapitre 17, verset 11
*** Premier livre des Rois, chapitre 19, versets 11 et 12
Puissance de la brise légère