Sauve-moi Seigneur par ton amour

Psaume 6, verset 8

Un soir comme un autre à Paris, en novembre 2015. Je dîne avec une amie dans un restaurant en bas de chez moi. De violents coups de pétard éclatent à côté de nous. Mon corps sent instinctivement qu’il est en danger de mort. Je me jette à terre. Je suis prostrée, mais mon esprit comprend qu’on nous tire dessus et qu’aucune issue n’est possible… Mon âme implore le Seigneur : « Sauve-moi, Dieu de miséricorde ! » 130 innocents seront tués ce soir-là.
Notre joie de chrétien ne peut pas se draper d’artifices ou de naïveté : nous savons que la vie offre à chacun son lot d’épreuves et d’humiliations. Mais l’ange n’est-il pas apparu aux bergers au cœur de l’obscurité ? Je crois que c’est dans nos nuits que nous pouvons hurler vers le Christ et savoir pleinement qu’il est notre unique secours. Par son Incarnation et sa Passion, le Seigneur nous rejoint dans toute notre misère. Et il en a triomphé.

Elle est là, la source de ma joie et de mon espérance. L’Amour ne passera pas. La vraie joie n’est pas un feu de paille sensible et autocentré, mais un moteur ardent pour me tourner vers l’autre.
Nous sommes tous invités à regarder et à aimer passionnément cette société complexe, injuste et violente ! Quelle joie de savoir que je peux chaque jour bâtir la paix à mon niveau : un regard dans le métro, une critique gardée pour soi au boulot, un temps d’écoute avec un ami, un engagement dans une association de quartier… La mort, la douleur, la violence, la bêtise, la folie n’auront pas le dernier mot ! À nous d’annoncer et de répandre le feu de la joie, sincère et juste, de servir ses frères !

Feu d’artifice