Avec le soir viennent les larmes, mais au matin les cris de joie

Psaume 30, verset 6

Lors d’une naissance, la maman rit et pleure à la fois. Des larmes à cause de la douleur, des hoquets de joie au milieu des gémissements, car elle réalise la plus grande prouesse : elle donne naissance à son enfant.
Curieusement, dans l’Évangile, il en est de même, comme si la vérité accouchait dans la peine et les rires. La joie est toujours proche de la souffrance. La gloire et la croix sont liées. La première lettre de Pierre exprime cette singulière ambivalence : « Si vous participez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin que lors de la révélation de sa gloire, vous soyez dans la joie et l’allégresse. » Et Jésus, juste avant de mourir, dans son dernier repas avec les apôtres leur promet : « Votre peine se changera en joie. » À nous aussi, Jésus le promet en reprenant le verset du psaume 30 : « Avec le soir viennent les larmes mais au matin les cris de joie. »

Jésus est venu nous consoler et nous assurer que le bonheur peut renaître après la catastrophe. C’est alors qu’il s’avance vers la torture et la mort que Jésus dit : « Que ma joie soit en vous ; que votre joie soit parfaite. » Joie de se savoir compris par Dieu. Joie de sentir qu’on n’est pas seul dans la tourmente, car Jésus affronte avec nous la trahison, la douleur, l’ingratitude. Joie de se savoir aimé quand on est rejeté par les hommes. Joie de se savoir pardonné. Alors oui, comme nous y invite saint Paul : « Soyons toujours joyeux !* Ce n’est pas un commandement, c’est un accueil. Laisser la joie de Dieu prendre sa place dans notre cœur. Durant l’avent, soyons des semeurs de joie et que cette joie soit contagieuse.

* 2 Co 13, 11
Tableau "The Mourning Mary Magdalene" de Colijn de Coter
Votre deuil se changera en joie