« Il régnera pour toujours sur la maison de Jacob. »

Évangile selon Saint Luc, chapitre 1, verset 33

L’empire du Milieu ou le meilleur des mondes, voilà les noms qu’autrefois les Chinois donnaient à leur pays. Ils le considéraient comme bien supérieur aux autres. Le petit Viêt Nam s’est alors lui-même appelé le Grand Nam ! Bref, pour exister, pour être fier, il faut être grand. Qui est donc le plus grand ? Question maintes fois posée, en tout temps et en tous lieux. Il en est ainsi des volontés de puissance des rois de la terre. Les livres d’histoire sont remplis de leurs rêves de grandeur. Être le plus grand, être le plus fort. Est-ce uniquement le fait des puissants ? Ne retrouvons-nous pas ce désir en germe dans notre cœur ?

N’est-ce pas propre à notre humanité imparfaite, à nos peurs ? Déjà, dans les cours de récréation des tout-petits, règnent les tyrans des bacs à sable qui veulent toujours être au centre et écrasent les autres. Dieu veut-il lui aussi nous dominer ? Comment règne-t-il sur son peuple ? Il se fait homme, Emmanuel, « Dieu avec nous ». Pas au-dessus de nous, mais avec nous. En toute humilité, il devient serviteur de son peuple. Sans arme, ni police, ni surveillant, ni clan. Son pouvoir, c’est l’amour, uniquement : aimer jusqu’au bout, jusqu’à venir habiter parmi nous. Et un jour, se mettre à genoux*.

* Évangile selon Saint Jean, ch. 13
Roi à genoux